Cour Historiographie - HISTOIRE DE L HISTOIRE
ce cour est publié dans : cours d'histoire.Un cour écrit par Diana Cooper-Richet pour le DEUG de sociologie 1ère année ( fichier zippé a télécharger contient un document word de 55 pages -
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Plan du cours :
Les sources de l’historien
L’Histoire de l’Antiquité au XVIIIe siècle
L’Histoire au XIXe siècle
L’Ecole méthodique
L’Ecole des Annales
Histoire et marxisme
Histoire économique et sociale
La renaissance de l’Histoire politique
Histoire et anthropologie
L’Histoire culturelle
L’Histoire du temps présent
Introduction du cour :
La démarche de l’historien. Le mot « Histoire » vient du latin « historia » qui, lui-même, vient du grec. Il a deux significations principales. La première : « recherche, enquête, exploration ». La seconde : « relation [du verbe « relater »] écrite et orale, récit. »
Aujourd’hui, la définition de l’Histoire est la suivante : « Partie de la vie de l’humanité connue par des documents ; suite des événements qui ont marqué une période ; science qui étudie le passé de l’humanité. » (Larousse)
Nous allons pour notre part nous intéresser à l’Histoire comme connaissance du passé.
La démarche de l’historien est ancienne, mais ce n’est que tardivement que l’Histoire est devenue une discipline scientifique. Avant, elle était considérée comme un genre littéraire.
Il y a différentes manières d’écrire l’Histoire. On pourrait même dire que, selon les historiens, il y a différents passés. Mais leur rôle est de restituer le passé le plus fidèlement possible. Pour la plupart des spécialistes, l’historien est cependant plus un metteur en scène qu’une personne qui se contenterait de lever le rideau : il choisit ses personnages, les met en scène, les place dans des lieux, etc. L’historien n’est donc pas un découvreur passif. Il est un donneur de sens. Ce qu’il écrit a des enjeux.
Le besoin d’écrire son Histoire. Dans chaque société, les humains cherchent à se doter d’une mémoire commune, à se trouver une identité. On peut mesurer ce besoin d’Histoire en comptabilisant le nombre d’ouvrages publiés. (Par exemple, ces dernières années, la biographie historique a connu un regain d’intérêt auprès du public.) On peut aussi le mesurer par l’intérêt des particuliers pour la généalogie (en recrudescence aujourd’hui) ou par la place que lui consacrent les médias.
Les entreprises et les ministères, pour des raisons de prestige, font aussi des démarches auprès des historiens pour écrire leur Histoire, pour montrer leur capacité à résister aux chocs de l’Histoire. C’est une question d’image.
Le problème de l’accès aux sources se pose. Par exemple, pour les entreprises, ce n’est pas évident : elles ont tendance à cultiver le secret. Un autre problème est celui de l’indépendance, d’autant que ce sont souvent les entreprises qui font appel aux historiens.
Un besoin d’Histoire qui s’accroît lorsque les transformations s’accélèrent. Lorsque les sociétés se transforment rapidement ou lorsqu’elles subissent des événements notables, le besoin de raconter l’Histoire se fait sentir. Par exemple, la Révolution de 1789 a suscité un goût pour l’Histoire. Il s’agit de l’Histoire immédiate (ou Histoire du temps présent). Cette Histoire flirte avec le journalisme. Ce besoin provient d’un besoin de comprendre et d’expliquer les changements, d’un besoin de justifier ses actions passées et d’un besoin maîtriser le passé pour avoir une emprise sur le présent, pour avoir l’impression de ne pas être le jouet des événements.
Depuis la chute du Mur de Berlin, il y a eu une accélération de l’Histoire, notamment dans les pays de l’Europe de l’Est. Ceux-ci ont cherché à rechercher leurs racines historiques et à écrire leur Histoire. Par exemple, l’indépendance des trois pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) a été reconnue du fait de leur Histoire passée.
Le besoin des puissants de contrôler l’Histoire. Au IIIe siècle avant J.-C., la Chine réalise son unité politique. C’est le prince des pays Qin [òin] qui réalise cette unité. Il est considéré comme le premier empereur de Chine. Il remplace une multitude d’Etats féodaux en guerre par un Empire unique. Il va s’efforcer d’éliminer les différentes élites politiques qui étaient au pouvoir dans les différents Etats. Il ordonne aussi la constitution d’un grand bûcher pour brûler les livres d’Histoire, afin de faire table rase du passé.
Au XXe siècle, en URSS, Staline veut faire écrire l’Histoire officielle de l’Union soviétique. Les archives sont épurées et contrôlées. Toutes les versions non staliniennes sont censurées. Des documents (des photos, par exemple) sont falsifiés. Cette pratique a cours jusqu’à la mort de Staline, en 1953, et même jusqu’en 1956, date du début de la déstalinisation. Ce n’est qu’avec la glasnost (= transparence) de Gorbatchev, dans les années 1980, que les archives sont ouvertes. Cela permet d’élucider le massacre de Katyn de 1939. En 1943, les Allemands découvrent, en Pologne, 12 000 cadavres de soldats polonais. Ils accusent les Russes de ce massacre. Pendant des années, les Soviétiques accusent la Wehrmacht (= ensemble des forces armées allemandes sous le IIIe Reich). Les archives permettent de prouver que ce sont bien les Soviétiques qui étaient responsables du massacre.
Mais ce besoin des puissants de contrôler l’Histoire ne se limite pas aux régimes totalitaires. Dans les débuts de la IIIe République, après la défaite contre la Prusse, l’Histoire va également être écrite dans le but de forger une identité commune à travers des figures historiques comme Vercingétorix ou Jeanne d’Arc. Dans cette optique, Ernest Lavisse produit (entre autres) des manuels scolaires. Il considère l’enseignement de l’Histoire comme un enseignement moral et patriotique. Son influence va se faire sentir jusqu’au milieu du XXe siècle.
A travers ces exemples, on voit que l’Histoire a servi à décider de la conscience des individus. Face à cela, les historiens ont voulu se donner des méthodes pour éviter les erreurs et les falsifications.
La nécessité de se donner des méthodes. Ceux qui écrivent l’Histoire sont tributaires de la réalité sociale, économique et politique de leur époque. Dans un souci d’objectivité, il est nécessaire qu’ils se basent sur des méthodes, notamment la multiplicité et le recoupement des sources.
L’historiographie. Etymologiquement, l’historiographie, c’est l’écriture de l’Histoire. C’est en fait l’examen de la façon dont a été écrite l’Histoire, c’est l’« Histoire de l’Histoire », l’Histoire des courants historiques. C’est une branche de l’épistémologie.
Noter que l’historiographie a aussi une autre signification : la bibliographie d’une période historique.
DEUG de sociologie

