Qu’est-ce que la sociologie ?            >Discipline scientifique dont l’objet est la société.            >Vision très précise des réalités sociales, sur des phénomènes généraux, locaux, micro locaux 

Quel est l’objet de la sociologie ? / Où sont les frontières de la sociologie ?Ce sont les rapports sociaux, c’est-à-dire les rapports entre les gens qui relèvent du social. Les rapports sociaux ne sont pas toujours visibles.Exemples : rapport de profession, d’opposition, d’égalité. 

Position de la sociologieDans une société, l’on ne parle pas d’individus mais d’« acteurs sociaux » (toutes sortes de collectifs sociaux). Ceux-ci sont soit : infra individuel ou supra individuel. 

Problème de la sociologieIl faut faire la distinction entre discours moral (opinion) et discours sociologique (étude de cas). Le sociologue doit être neutre. 

Critères de la scientificité (qui font de la sociologie, une science)            >Approche empirique : réalité sociale observée. Supposition de vérification            >Approche théorique : discours scientifiques cohérent ne pouvant être contredit. (logique sociale). Une théorie doit toujours être démontrée (démontrer = vérification).Pour cela, nous avons besoin d’une méthodologie. 

Modes de recueil de données            >Données statistiques (ex : INSEE) pour une population totale.            >Enquête quantitatives sur échantillon faite par les sociologues, pour une population déterminée et par questionnaire (mais pas par sondage).            >Approches qualitatives : comprendre la logique des actions ou des personnes par entretien, interview sur échantillon représentatif            >Observation directe de situation ou de groupe de personnes 

Concept : phénomène, réalité sociale désigné par un mot ayant une signification précise par rapport à une théorie. Exemple : homogamie, culture…Socialisation : processus d’apprentissage de la vie en société par les acteurs sociaux (exemple : premiers mots d’un bébé). La socialisation ne s’arrête jamais. 

 

LA FAMILLE 

 

Les limites de la famille sont très variables selon les familles.Deux sens au mot famille :            >Étendue : comprend grands-parents, cousins… Il y a des liens de parentèle (lien spécifique mais pas de lien amical).            >Restreint ou cellulaire : comprend père, mère, frères et sœurs. Il y a là la notion de foyer, ainsi que de liens de parentèle rapproché (couple-enfants) 

Au XIXème siècle, le fondateur de la famille et du couple est le mariage (valeur institutionnelle). On parle alors du partage du patrimoine et des biens divisés par enfants.Le père n’était pas forcément le père biologique mais celui marié à la femme au moment de la naissance de l’enfant. Le mariage n’était pas un contrat mais une institution. Il s’agissait de l’union entre deux familles avec la dot apportée par la femme. => voir « Le Bal des Célibataires » de Pierre Bourdieu.L’amour n’avait pas lieu d’être, le choix de l’époux/se était restreint selon des règles.            De nos jours, les mariages de convenances sont très rares (sauf dans les familles riches et traditionnelles voulant garder leur fortune au sein de la famille). Deux individus se choisissent pour s’installer ensemble dans la vie, mais on a de moins en moins besoin du capital des parents.Critères de fondation d’un couple => relations sociales, culturelles ; on ne s’aime pas de la même façon selon les milieux et les époques. 

Données statistiques :Le nombre de mariages/1000 habitants :En 1970 : 7,8               en 1980 : 6,2               en 2002 : 4,7=> On se marie de moins en moins. Le mariage est remplacé par l’union libre. Ce qui pose certains problèmes aux statisticiens pour faire leurs enquêtes : où la famille se forme ? Comment les membres s’arrangent pour les questions patrimoniales ?L’union libre n’est pas fondée sur une institution ou un contrat mais repose sur un contrat moral. A partir de quand, la confiance est suffisante ? Qu’est-ce qu’il faut pour mesurer la situation ? Recherche de données qualitatives => Partage d’un certain nombre de tâches domestiques. Quels sont les critères pour fonder un foyer ? Selon Kauffman, l’achat d’un lave linge montrerait une certaine confiance et que le couple peut durer.Pourquoi l’on se marie moins et l’union libre augmente ?Il ne s’agit pas de la peur du divorce. Mais l’amour est une évidence et le mariage correspondrait à un manque de confiance qui contribuerait à garantir l’union.Ils oublient de se marier parce qu’ils sont déjà en couple.De plus, le mariage s’associent à la fête. Aujourd’hui les cérémonies coûtent cher.Cependant, il ne faut pas penser que les mariages ont disparus, ils existent toujours. Les divorces et les remariages augmentent. 

Le taux de divorce :En 1975 : autorisation du divorce consentit mutuellement.On constate une détérioration du couple et du mariage, l’augmentation du nombre de célibats et de familles monoparentales.Auparavant, le divorce était vu comme honteux ; il était donc plus difficile que maintenant de se remarier surtout avec des enfants. De nos jours, il y a possibilité de se remarier et avec une personne ayant déjà des enfants à charge. De plus, lors de la rupture, la présence d’un juge n’est pas obligatoire. 

Comment trouve t on notre partenaire ?Au XXème siècle : les bals populairesMaintenant : boîtes de nuit et autres lieux de rencontre tel que le lieu des études par exemple. On peut voir un développement d’autres types de rencontres comme les sites internet, les associations…La rencontre entre même milieu est plus facile. Selon des statistiques qui comparent l’origine sociale des hommes et des femmes par la classe professionnelle des parents, on a pu constater une majorité venant du même milieu social. 

L’homogamie est la mariage entre individus issus de même milieu social. 

 

STRATIFICATION SOCIALE 

 

Nature des strates ?            >Milieu social : gens qui appartiennent à un même ensemble            >Groupe social : ensemble de gens qui se connaissent et se reconnaissent mutuellement.            >Classes sociales : ensemble d’acteurs sociaux qui partagent le même statut social qu’ils établissent eux-mêmes. Elles ont des rapports de classes.            >Catégorie sociale : pas d’acteurs sociaux qui établissent le statut (mais l’observateur / le sociologue) ; est plus ou moins arbitraire. 

De nos jours, Professions et Catégories Sociales. Il y a 7 principales catégories dans les PCS. Six font référence à la profession de la personne visée (statut et activité).            1. Agriculteurs exploitantsEn 1984 : 6,3 % et en 2000 : 2,3 % => perte des 2/3. Celle-ci tend vers la disparition.            2. Commerçants, artisans, chefs d’entreprises de moins de 50 salariésEn 1984 : 7,6 % et en 2000 : 6 %            3. Cadres, professions intellectuelles supérieuresEn 1984 : 8,4 % et en 2000 : 12,4 %            4. Professions intermédiaires (bac +2)En 1984 : 18,5 % et en 2000 : 19,8 %            5. EmployésEn 1984 : 26,1 % et en 2000 : 30 %            6. OuvriersEn 1984 : 31,6 % et en 2000 : 28,1 %=> Sur ces deux années, on remarque une inversion des chiffres entre ouvriers et employés. De plus, en 2000 : ouvriers + employés = 58 % c’est-à-dire plus de la moitié de la population.            7. Inactifs : retraités, étudiants, sans emploi… 

Rapport de classes sociales : plusieurs interprétations :            >Marx : conflits de classes. notion d’exploitation = rapports économiques.La bourgeoisie possède un moyen de pression.Domination sociale : suppose qu’il y a un classe dominante et une classe dominée. Le pouvoir d’imposer ses normes et ses valeurs à l’ensemble de la société est comme un mode de sélection sociale. Cette domination n’est pas de l’ordre économique mais sociale et culturelle. Les différences sociales ne se font pas entre les riches et les pauvres car la richesse n’est pas toujours le capital. Le capital est différent des revenus. Les riches ont accès à des statuts sociaux dominants. Pour obtenir un patrimoine symbolique culturel, il faut passer par des institutions qui transmettent ce patrimoine ou des entreprises.            >Bourdieu (mort en 2002) : a élaboré une théorie dans la deuxième moitié du XXème siècle, sur l’institution scolaire (maternelle et enseignement supérieur).Le statut social dépend, tout d’abord, du diplôme. “Pour avoir de bons résultats, il faut disposer d’un capital social, culturel préalable.” Exemple de la littérature : Certains y ont accès avant de l’étudier, il s’agit de la familiarité (films, petites connaissances). Ceux issus de la classe dominante ont plus de familiarité donc plus de chances d’avoir des diplômes prestigieux comme les hautes écoles commerciales (HEC).Le statut social dépend également de la capacité à le montrer. Il s’agit là du capital symbolique. Bourdieu parle du “style de vie” (exemple : pour la richesse => discret tel que les chaussettes, chaussures, intérieur de la maison…) et de la façon d’être, c’est-à-dire “croire à ce que l’on dit et ce que l’on pense”.La hiérarchie sociale fondée sur les rapports sociaux.Le principe de domination permet la sélection dans l’accès aux statuts supérieurs et d’exercer un pouvoir. Le statut étant différent de la profession.Le principe de distinction selon Bourdieu : les acteurs sociaux eux-mêmes se classent naturellement, ce n’est pas le rôle des sociologues. 

La hiérarchie sociale est fondée sur les rapports sociaux dont les rapports d’inégalités de statut sans rapport avec la profession et des principes de domination : imposition des normes… à l’ensemble de la société => permettant une sélection à l’accès aux statuts supérieurs. Au-delà de la sélection, cette détention de capital permet d’opérer la classification à tous les étages par le principe de distinction.                                      => se distinguer des autres, se mettre en position supérieure dans les rapports sociaux et mettre l’autre en situation d’infériorité. 

Les acteurs sociaux se distinguent, ce qui crée de la répartition sociale, de la hiérarchie. (Position sociale : je suis légèrement supérieur à celui qui m’est légèrement inférieur). 

Les inégalités sociales sont aussi liées aux critères ou différences de genre (homme/femme) => Le « genre » est une notion importée des pays anglo-américains. Le concept de « sexe » a tendance à naturaliser ces inégalités (à penser que la différence mâle / femelle serait naturelle) mais en société homme/femme, l’origine de ces différences est culturelle et sociale.Le genre est définit socialement car les caractéristiques de genre sont inhérentes à des définitions de la société donnée. Les relations sont différentes entre les hommes et les femmes et sont différentes selon les sociétés. Masculinité à féminité => regroupement de traits sociaux et culturels qui varient dans l’espace et le temps.Cette opposition de genre apparaît comme universelle dans l’histoire de l’humanité (anthropologie) : Les hommes en position de domination et les femmes en position dominée. Même dans les sociétés traditionnelles, ces différences de genres sont présentes : l’homme est dehors, dans l’espace public et la femme est dedans, dans l’espace domestique. Donc l’homme a accès à tout ce qui concerne les affaires publiques, l’organisation publique, la politique… auxquels il participe et non la femme. L’homme a une activité économique, politique et publique (et même sportive). 

Concernant la production :Les femmes n’en sont pas exclues même si dans les sociétés traditionnelles, la production se fait autant à l’intérieur que dehors. Les femmes ont des activités domestiques qui leurs sont assignées au de sein de l’espace domestique. Les femmes ont des tâches de « reproduction » : élever les enfants, les nourrir, les entretenir, les éduquer, les protéger… l’enfant grandit dans l’espace domestique. Toute les activités domestiques de la femme sont associées à cette reproduction. 

Division du travail, différente selon les époques mais toujours présente. 

Le travail au XIXème siècle.Les femmes ont toujours travaillé mais domestiquement. Donc pas de revenus directs. Elles bénéficient du budget collectif.Au XIXème, les femmes travaillent à l’usine dans des activités spécifiques (telles que le textile). Les femmes sont présentes dans le monde du travail mais pas sur le même pied d’égalité : tâches subalternes, d’exécution… elles sont moins rémunérées, elles continuent à avoir leur fonction de reproduction (enfants…). On parle de double journée pour la femme : travail, domicile et famille.Donc difficultés d’être une femme seule à l’époque : peu de divorces mais des veuvages car il y a eu des guerres tout les 30 ans. 

Au milieu du XXème siècle :Journée de 40h, les femmes sont exclues du travail (partiellement) car on a besoin d’emplois à temps plein. Le modèle de la femme au foyer tend à revenir. Généralisation par l’augmentation des revenus de la classe ouvrière, plus besoin de travailler. Il faut un minimum de qualification (machines). L’école n’est pas mixte jusqu’en 1960. Il y avait différentes écoles et celle des filles était vue comme médiocre. Apprentissage d’activité domestiques : elles deviennent de bonnes femmes d’ouvriers. Les femmes à cette époque ne sont plus à l’usine. 

1960-1980 :Le principe d’égalité homme/femme s’impose, revendication féministe (plus de domination), l’idée se diffuse.Mixité à l’école. On incite les femmes à poursuivre leurs études. Elles sont susceptibles alors d’accéder à toutes les situations professionnelles. Cependant l’égalité n’est pas acquise dans le monde de l’éducation. A partir de 1960, la réussite scolaire des femmes est supérieure à celle des hommes, même en maths (discipline exclusivement masculine). 

De nos jours :Les femmes devraient être réparties comme les hommes dans le monde du travail : pourtant non, notamment pour les jeunes filles.Les différences : => revenus : par l’observation de données, les femmes gagnent moins que les hommes aux mêmes postes. Dans le privé, pas forcément, les femmes travaillent à temps partiel “double journée” (elles conservent les activités maternelles et les concilient avec leur vie professionnelle). A temps plein = discrimination : les femmes sont sélectionnées plus facilement à temps partiel. Les femmes ne peuvent pas se surinvestir dans leur activité (heures supérieures).                        => carrière : A qualification égale, les femmes ont le même accès à l’emploi mais la montée dans la hiérarchie leur est difficile… Elles cumulent les activités et ne peuvent pas investir suffisamment pour monter dans les postes dominants. Les femmes choisissent elles-mêmes de ne pas faire carrière, préférence à s’occuper de l’éducation des enfants. L’inégalité n’a pas que pour source des pressions masculines mais aussi des choix féminins.                        => secteur d’activité 

Niveau dans la hiérarchie sociale et le type d’emploi :Traditionnellement, les femmes ont des résultats comparables à ceux des hommes. Les femmes se tournent vers les filières de lettres et de ressources humaines où l’on peut trouver de la biologie (matière intermédiaire). Les hommes, eux, se tournent vers des filières d’ingénieurs.A la sortie des études, les hommes et les femmes ont le même niveau (bac, fac…) cependant les types de filières ou d’activités sont différents. L’homme se tourne vers la technique et l’ingénierie et 80 % des femmes sont dans l’administration. Il s’agit d’un effet culturel et symbolique car on constate les mêmes accès mais des choix différents. Le choix du type d’employeur est différent selon le sexe. Les femmes, à niveau égal, se tournent davantage vers le public et les hommes vers les fonctionnaires. Ceci étant ainsi puisque le salaire est identique pour les deux sexes dans le public. De plus le “secteur public” est moins exigeant sur l’investissement (exemple des 35 heures) que dans le privé. Les magistrats sont majoritairement constitués de corps féminins (65 %), cependant la haute direction des tribunaux est majoritairement constituée d’hommes (seulement 15 % de femmes). 

Domination : Qui occupe le pouvoir sur la société ?

Les hommes ont une position de pouvoir (politique, société civile, entreprise, associations privées, fédérations sportives…) Pourquoi ? on met en évidence les effets de carrières, les effets de culture (on apprend à l’homme dès sa plus jeune enfance à être “dominateur”) et la sélection aux accès de position (hiérarchie, fonctions…). De plus, les femmes rencontrent beaucoup d’obstacles. Les hommes n’ont pas envie non plus de se faire diriger par une femme.

Exemple : évolution en France :

les femmes dans les grandes assemblées politiques et au Conseil Mucipal : 1980 : 14 % et 2002 : 31 %.

les femmes au Conseil Général : 1980 : 18 % et en 2002 : 36 %

les femmes au Sénat : en 1980 : 2 % et en 2002 : 10 %

Conclusion : la différence de genre diminue régulièrement, selon le domaine celle-ci serait en voix de disparition. Plus les classes sont dominées, plus on constate que les femmes sont dominées au sein de celles-ci. Les tâches domestiques baissent plus dans les classes populaires que dans les classes supérieures. Les violences conjugales stagnent.

 

 

CONCEPT DE CULTURE ET REALITE SOCIALE 

 

La culture au sens large : ensemble des éléments symboliques cognitifs partagés par les individus d’une même société.

Anthropologie/ethnologie : science qui s’intéresse aux sociétés ethniques, traditionnelles construit par les liens de la famille et partage de la culture.

Mythes : explication du monde par groupe social.

 

Normes et contrôle social :

Fonctionnement du système social : il faut de l’ordre avec différents degrés. S’il n’y a pas de respect alors des restrictions sévères seront mises en place. Les comportements individuels encadrent l’action sociale en général et son environnement physique. Les normes sont essentiellement définies par les institutions (exemple : famille, entreprise…).

Problème : Les normes ne sont pas forcément universelles ; elles sont différentes d’une institution à l’autre, différentes selon les religions… Les jugements ne sont pas naturels mais se font selon les normes. Les sociologues ne se posent pas la question de qui a raison ou pas mais s’interrogent sur le contexte (sans jugement).

 

L’acquisition des normes est importante pour la socialisation. Il s’agit de l’objet d’un processus d’acquisition. Si les normes ne sont pas respectées (pas acquises, refusées, désapprises), on parle de déviance.

Institution pour respecter les normes doivent se soumettre aux contraintes. Il s’agit du contrôle social, qui fait respecter l’ordre social.

 

Il existe différents types de normes :

            >normes intériorisées : nous n’avons pas conscience de les acquérir. Dès le plus jeune âge, elles sont intériorisées et deviennent naturelles. Il s’agit de la base du social.

Exemples : les manières de manger, boire, la conduite automobile, les normes d’hygiène…

            >normes en interaction : série de normes inhérentes à l’interaction. Ces normes varient selon les milieux, les personnes, les civilisations… Les règles sont parfaitement établies.

Problème : multiplicité de situations d’interaction. C’est-à-dire, qu’il faut connaître autant de normes que de situations possibles.

            >normes juridiques : bénéfice du doute. condamne pas parce qu’irrespect des normes…

 

Notes du cours donné par Philip Milburn

 

Licence de sociologie 1ère année

Université de St-Quentin-en-Yvelines

2006/2007